Le genre de souvenirs qui revient en tête en laissant un sourire niais sur mon visage et auquel je m'accroche, comme voir mon mascara couler sur mes joues quand je pense trop fort à toi, manger la neige vite avant qu'elle fonde et qu'elle glisse le long de nos doigts, plus vite, te faire des blagues crasseuses sur les tampons, frotter nos deux bouts de nez congelés l'un contre l'autre, comme les esquimaux, sourire, courir après les chats égarés dans la côte du lycée, s'allonger dans l'herbe, sur une pomme de pin, l'envoyer en l'air, mon porte-clef vachette, pleurer dans tes bras, puis dans les miens, regarder sans comprendre, venir ici en cachette, t'annoncer ça à la cantine, tout au bout de la table près de l'allée, dessiner sur ta main pendant les films en cours d'histoire, Angel-A au cinéma que toutes les deux, inspecter les auréoles du professeur d'anglais, les mini-coccinelles accrochées à mon poteau d'étagère, "tu as une jolie voix", coller ta face sur mon mur, s'inventer un monde de fées et de princesses, le nôtre, hésiter aux blagues de ton paternel, lui serrer la main quand même, danser, te chercher partout, te découvrir en pleurs et faire ce que n'importe qui aurait fait à ce moment là, le nombre de kebabs ingurgités, découvrir ton bordel organisé, utiliser ta boîte à gomme en ticket Schrek, hurler la chanson des hamsters sur les perches Suisses, mener des enquêtes foireuses sur tes prétendants, critiquer, encore et encore, inventer des clans privés, te démontrer la beauté des rayures, y parvenir, bloquer l'entrée du lycée avec nos sacs, espionner Mimie Mathy, dire des bêtises pendant les exposés, gommer le bout de tes chaussures, rire à l'école, au téléphone ou ailleurs, tout quitter, ne s'être jamais dis au revoir et savoir que tout peu recommencer à la descente d'un avion.